À chaque passage au supermarché, une question existentielle hante les consommateurs : quel riz choisir ? Derrière ce choix apparemment anodin se cachent des enjeux de santé publique insoupçonnés. Le magazine 60 Millions de consommateurs s’est penché sur la question, et les résultats pourraient bien faire tiquer les amateurs de grains blancs…
Le riz, roi des placards… mais pas de tous les cœurs
Si le riz règne en maître dans de nombreuses cuisines du monde, il mérite réflexion avant atterrissage dans nos assiettes. En France, la consommation moyenne se chiffre à 6 kilos par personne et par an, chiffre bien modeste comparé aux 130 kilos avalés annuellement par un Chinois moyen. Malgré ce contraste digne des meilleures oppositions culinaires, le riz s’est taillé la part du lion dans bien des foyers. Petits et grands s’accordent à dire qu’il est un incontournable. Et ce, à juste titre : ses vertus nutritionnelles sont reconnues, pour peu que l’on sache bien le choisir.
Pour dissiper le brouillard qui entoure les rayons des supermarchés, 60 Millions de consommateurs a revêtu sa loupe d’inspecteur de l’alimentaire et passé au crible pas moins de quarante références, parmi lesquelles du riz basmati, thaï, long grain ou encore de Camargue. But de la manœuvre : mesurer l’impact du riz sur la santé humaine et l’environnement, en analysant trois éléments-clés sous l’œil vigilant de la réglementation européenne.
Pesticides, arsenic et cie : le côté obscur du riz
La promesse du riz, c’est celle d’une assiette saine et gourmande. Mais derrière ses grains se cachent parfois moins d’innocence qu’il n’y paraît. L’étude s’est ainsi focalisée sur trois suspects habituels :
- Les pesticides
- Les aflatoxines
- L’arsenic
Parmi les quarante riz analysés, quinze présentaient des résidus de pesticides – soit plus d’un tiers de l’échantillon. Les variétés non biologiques, notamment le riz basmati, arrivent en tête du classement peu envié des grains les plus “chargés”. Pas moins de neuf pesticides différents ont été détectés, avec une attention toute particulière sur deux molécules : le tébuconazole, un fongicide et régulateur de croissance des plantes, et la cyperméthrine, un puissant insecticide. L’Anses et l’Echa n’ont pas manqué de rappeler que ces composés sont classés comme potentiellement cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction humaine. Gloups.
Petit bonus réglementaire (ou casse-tête européen) : l’isoprothiolane, pesticide interdit à l’usage dans l’Union européenne, a tout de même été identifié dans trois produits (Bon-ri, Saint Eloi et Ben’s). Son usage reste prohibé, mais rien n’empêche ses résidus de se retrouver dans les assiettes européennes. Allez comprendre.
Du côté de l’arsenic, c’est surtout chez les riz de Camargue et, plus encore, les riz long grain que la concentration inquiète. L’arôme du terroir, oui… mais pas à n’importe quel prix.
Cinq marques dans le viseur : qui mérite la casserole d’or du flop ?
L’avis de 60 Millions de consommateurs n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, mais plutôt dans l’emballage de quelques marques bien connues. Certaines, plébiscitées pour leur notoriété ou leur packaging, n’ont pas brillé lors de cette évaluation drastique :
- Basmati origine Penjab de U
- Vivien Paille Basmati
- Riz basmati de Ben’s
- Saint Eloi Intermarché Basmati
- Pouce Auchan Riz long blanc de Camargue
C’est la soupe à la grimace dans les notes, avec un 8 sur 20 pour les trois premiers, un 9 pour Saint Eloi Intermarché, et un “explosif” 6,5/20 pour Pouce Auchan. Une performance peu reluisante pour ces produits appréciés des familles françaises.
Conclusion : au rayon riz, méfiance et vigilance !
Le temps où l’on choisissait son riz les yeux fermés est révolu. Si l’on en croit le travail d’enquête de 60 Millions de consommateurs, il convient désormais de regarder d’un œil suspicieux les jolis sacs colorés de nos enseignes préférées. Entre résidus de pesticides, taux d’arsenic et molécules dont la réglementation joue à cache-cache, un conseil : se tourner vers des produits plus contrôlés et varier ses sources. Quant au riz, il n’est pas mauvais en soi, mais fait désormais partie des aliments qu’il serait sage de choisir avec… un grain de prudence !

Nadine est une amatrice de cuisine et de pâtisserie qui aime expérimenter de nouvelles recettes dans sa cuisine. Sur ce blog, elle partage ses préparations gourmandes, ses astuces et ses coups de cœur culinaires pour régaler toute la famille. Passionnée par les saveurs simples et authentiques, elle rend la gastronomie accessible à tous les niveaux.





